Accueil › Guides
Holding et dividendes : comment fonctionne le régime mère-fille ?
En bref : quand une holding reçoit des dividendes de sa filiale, 95 % sont exonérés d'IS si certaines conditions sont réunies. Mais le régime ne supprime pas l'impôt quand l'argent est versé à son dirigeant.
Règles vérifiées le 26 octobre 2026 · Information générale, pas un conseil personnalisé.
Le principe, en trois chiffres
- 95 % des dividendes reçus par la holding sont exonérés d'impôt sur les sociétés.
- 5 % sont réintégrés dans son résultat (quote-part de frais et charges), puis imposés à l'IS.
- 1,25 % : c'est la charge d'IS effective sur le dividende au taux normal de 25 %.
Exemple : la filiale verse 100 000 € à la holding. 5 000 € sont réintégrés, soit 1 250 € d'IS à 25 %. La holding garde donc 98 750 € avant frais.
Les conditions du régime mère-fille
- La holding détient au moins 5 % du capital de la filiale.
- Les titres sont conservés au moins 2 ans. Une revente avant ce délai peut remettre en cause l'exonération.
- La holding est soumise à l'impôt sur les sociétés.
- La participation est détenue directement : une détention via une société de personnes n'ouvre en principe pas droit au régime.
Ce que le régime ne change pas
L'avantage porte sur la holding. Dès que l'argent sort de la holding pour arriver dans la poche de son dirigeant, la fiscalité des personnes physiques s'applique.
Pour un dividende versé à un particulier, le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou le barème progressif sur option. Sur 100 000 € versés directement, cela représente 31 400 € de prélèvements.
Une holding sert donc surtout à garder de l'argent dans la structure pour le réinvestir (nouveaux projets, investissements, trésorerie), sans le faire passer d'abord par la fiscalité personnelle. Elle n'efface pas l'impôt si le dirigeant a besoin de tout retirer.
Les points à examiner avant de créer une holding
- Un vrai besoin : réinvestir, acheter une participation, préparer une cession ou une transmission. Une holding sans activité ni projet n'a guère d'intérêt.
- Les coûts : comptabilité, formalités juridiques, parfois une rémunération du dirigeant à prévoir.
- La substance : un montage créé uniquement pour réduire l'impôt peut être remis en cause par l'administration.
- Les règles qui évoluent : les lois de finances modifient régulièrement les prélèvements sur les revenus du capital.
Un expert-comptable ou un avocat fiscaliste peut chiffrer votre situation avant toute décision.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le régime mère-fille ?
C'est un régime fiscal qui exonère à 95 % les dividendes qu'une société mère soumise à l'IS reçoit de sa filiale, si elle détient au moins 5 % du capital depuis au moins 2 ans. Les 5 % restants sont réintégrés dans son résultat.
Pourquoi 1,25 % et pas 5 % ?
Parce que seuls 5 % du dividende sont réintégrés, puis imposés à l'IS. Au taux normal de 25 %, cela fait 1,25 % du dividende.
Une holding évite-t-elle l'impôt sur les dividendes ?
Non. Elle réduit l'impôt au niveau de la société qui reçoit les dividendes. Quand l'argent est versé au dirigeant, il est imposé comme un revenu de capital.
Quel est le taux du prélèvement forfaitaire unique en 2026 ?
31,4 % pour un dividende versé à un particulier : 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le barème progressif est possible sur option.
Faut-il une holding pour réinvestir ?
Pas nécessairement. Cela dépend de votre projet, du montant concerné et des coûts de gestion. Un expert-comptable peut comparer les options.
Et pour votre situation ? Le check-up gratuit de LB Conseil Patrimoine vous donne un score sur 100 et vos points d'attention en 2 minutes, sans inscription.
Sources
- Régime mère-fille, conditions et calcul de la quote-part : SOCIC, article du 5 juin 2026
- Évolutions de la jurisprudence sur la détention indirecte : CMS Francis Lefebvre
- Textes : Légifrance — Code général des impôts, articles 145 et 216 (régime mère-fille), article 200 A (prélèvement forfaitaire unique).
Ce guide présente des règles générales en vigueur à la date indiquée. Elles peuvent évoluer (loi de finances) et ne remplacent pas l'avis d'un notaire ou d'un professionnel qualifié.